La Folle Histoire du Design / MAD Paris 2018

Normal Studio conçoit le nouveau parcours “La folle histoire du design” pour le Musée des Arts Décoratifs.

Presque 10 ans après l’exposition “Design élémentaire”, Normal Studio prend à nouveau ses quartiers au musées des Arts Décoratifs. Invités cette fois-ci à repenser intégralement le parcours muséal des collections contemporaines (1948-2018), sur plus de 2000 m2, Jean-François Dingjian et Eloi Chafaï ordonnancent, interrogent, donnent à voir sept décennies de design.

S’il y a un lieu où l’on présente du design contemporain à Paris, c’est au 107 rue de Rivoli, adresse historique du Musée des Arts Décoratifs. Le long des coursives de l’aile de Rohan du Palais du Louvre, ainsi que dans le Pavillon de Marsan - tête de proue de l’édifice, la riche collection du musée retrace l’histoire récente du design international.
En 2016, Les Arts Décoratifs, ancêtre du MAD, souhaitent repenser la muséographie du Musée des Arts Décoratifs, ils font appel à Normal Studio. L’exceptionnelle collection, qui fait la singularité de ce musée, réunit aussi bien du mobilier que du design industriel, des jouets, de la mode ou du graphisme. Et c'est là toute l'ambition du projet : concilier au sein d'un même parcours une multitude de disciplines et réussir à faire dialoguer les œuvres entre elles. Le nouveau parcours contemporain est le résultat de cet échange entre le commissariat scientifique du musée et Normal Studio.

Pour faciliter l’appréhension du parcours par le visiteur, les designers ont avant tout souhaité déshabiller les espaces, revenir au plus proche de l'architecture d'origine. Dans la continuité de sa démarche élémentaire, Normal Studio a ainsi pensé une enveloppe très légère au service des œuvres. En décloisonnant et en rouvrant les fenêtre, le duo fait à nouveau entrer la lumière et redonne à voir les incroyables perspectives sur Paris - le Louvre, la rue de Rivoli, le jardin des Tuileries. La ville entre dans le musée et fait partie intégrante de l'expérience de la visite.

La scénographie est constituée d'éléments simples - estrades, socles, stèles, vitrines. Un jeu d'empilement et de décalages donne l'impression d'une organisation libre, en réalité pensée selon une grille bien définie. Dans les coursives de l’aile de Rohan, chaque alcôve et ainsi aménagée avec la même gamme de mobiliers, sur la même trame, mais selon une organisation propre à chaque œuvre.
Ce système offre un regard quasi scientifique, une vision transversale et dynamique des collections. Le matériau choisi pour les éléments menuisés est un contreplaqué noir texturé, détourné de son utilisation habituelle - le revêtement des planchers de camions.
Dans les grandes salles du pavillon de Marsan, Normal Studio structure l’espace en créant de "l’hyper mobilier". Au cœur du bâtiment, une grande bibliothèque - s’inspirant d’un rack de stockage - réunit sur plusieurs niveaux une sélection d'assises couvrant la période de l'après-guerre à nos jours. Le visiteur est invité à cheminer autour (voir sous) les œuvres, juxtaposées de manière à offrir un regard objectif sur la sélection d'assises historiques.
Enfin, le parcours est ponctué par une assise et un luminaire, tous deux spécialement créés pour ce projet muséographique par Normal Studio. L'assise, un volume en tôle perforée engommée de plastique noir, ryhtme la déambulation par sa présence énigmatique. Le luminaire est lui conçu en collaboration avec le fabricant français Sammode. L'iconique tube industriel se décline ici en noir et s'habille d'une grille décorative dessinée pour le musée. Quant à la signalétique, elle a été co-conçue par Normal Studio et l’agence de design graphique lyonnaise Superscript2.